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Vignoble de Bourgogne 22
vin de Loire le muscadet). En Bourgogne, il est encore planté à Vézelay et est utilisé (peu) comme cépage accessoire
pour les appellations mâcon-blanc et crémant de Bourgogne.
Le sauvignon B occupe moins de 1 % de la surface en Bourgogne. C'est l'unique cépage de l'appellation saint-bris
qui a accédé au statut d'AOC en 2002.
Le pinot blanc B est produit en toute petite quantité dans quelques AOC de Bourgogne (comme le marsannay par
exemple).
Le sacy B donne des coteaux bourguignons et crémant dans l'Yonne mais il est de plus en plus remplacé par le
chardonnay.
Les sols
Géologie
En Bourgogne, le rôle de l'exposition par rapport à l'ensoleillement est primordial, de sorte que la géologie intervient
d'abord en permettant de telles expositions. Le façonnement par les rivières intervient ensuite, en créant, par
[]
exemple, des versants exposés au sud dans une façade de faille ou de cuesta à regard vers l'est .
D'un point de vue géologique, le vignoble de Bourgogne se répartit en
deux grands ensembles :
• la façade orientale, sur faille : des reliefs du Massif central et des
plateaux calcaires bourguignons, formant une suite presque
rectiligne sur près de deux cents kilomètres de la côte de Nuits au
Beaujolais. C'est une façade d'origine tectonique, due au système de
failles le long duquel, à l'ère tertiaire, s'est affaissé le fossé de la
Saône (fossé bressan). Cette façade est aujourd'hui façonnée par
l'érosion et disséquée par les rivières descendant vers la Saône. Ce
contact tectonique, assez brutal, entre les reliefs granitiques ou
calcaires à l'ouest, et la plaine, née du remplissage sédimentaire du Vignoble au pied de la roche de Solutré.
fossé bressan, à l'est, change de style, en même temps que la
dénivellation s'atténue, du sud au nord :
• En Beaujolais, le socle cristallin du granite dit de Fleurie [207] , vient au contact même de la plaine. La zone la
plus qualitative pour le vignoble est le bas de la pente, où l'érosion a accumulé une bonne épaisseur de granite
décomposé assurant un bon drainage : la « roche pourrie », mélange de sable acide et d'une quantité plus ou
moins forte d'argile.
• Le Mâconnais est découpé en une série de blocs parallèles, inclinés vers la Saône, qui ont chacun conservé une
part de leur couverture sédimentaire d'âge triasique et jurassique. Ceci crée une série de crêtes calcaires et de
versants très découpés, mais alignés parallèlement sur une cinquantaine de kilomètres, de Fuissé jusqu'au nord
de Tournus.
• La côte chalonnaise, moins rigoureusement ordonnée, est aussi faite de panneaux à ossature calcaire d'âge
jurassique. La partie sud plonge vers l'ouest, en faisant vis-à-vis aux chaînons du Mâconnais, de l'autre côté de
la vallée du Grosne. La partie nord est inclinée vers la plaine de la Saône, en enveloppant de manière presque
périclinale l'extrémité nord-est du horst cristallin de Mont-Saint-Vincent.
• Quant à la côte d'Or, divisée en côte de Beaune et côte de Nuits, elle est un relief de faille presque tiré au
cordeau et correspond au tracé de la cassure majeure entre les plateaux calcaires, datant du Jurassique moyen
ou supérieur, et le fossé bressan.
• La côte (cuesta) du Jurassique supérieur en Basse-Bourgogne pour le vignoble de Chablis et de Pouilly-sur-Loire.
Prolongeant ce que, dans l'est du bassin de Paris, on appelle la Côte des Bar, la côte du Chablisien et de
l'Auxerrois est due à la légère inclinaison des terrains vers le centre du bassin de Paris, c'est-à-dire vers le

