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Vignoble de Bourgogne                                                                                 6


             Garreau [40] . Cela entraîna une bonne connaissance des crus et permit un début de hiérarchisation des meilleurs
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             terroirs de Bourgogne au tout début du XIX  siècle.
             Dans  les  décennies  1830-1840,  la  pyrale  survint  et  attaqua  les  feuilles  de  la  vigne.  Elle  fut  suivie  d'une  maladie
             cryptogamique,  l'oïdium.  En  dépit de  ces deux  problèmes,  la  viticulture  bourguignonne  se  redressa. Elle prit  un  essor
             économique encore plus vigoureux avec la création en 1851 de la ligne de chemin de fer entre Paris et Dijon. Ce fut
             cette  même  année  que  les  hospices  de  Beaune  organisèrent  leur  première  vente  aux  enchères.  En  1861,  le  Comité
             d'agriculture de Beaune fit réaliser un Plan statistique des vignobles produisant les grands vins de Bourgogne. Ce
             premier essai de classification des vins devait figurer à l'Exposition universelle de 1862 et il avait pour but de «
             donner  aux  transactions  sur  les  vins  de  sérieuses  garanties  sous  le  rapport  de  l'origine  de  la  chose  vendue   »[41]   .  Le
             millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces.
                                                  Ce fut dans ce contexte qu'arrivèrent deux nouveaux fléaux de la vigne.

                                                  Le  premier  fut  le  mildiou,  autre  maladie  cryptogamique,  le  second  le
                                                  phylloxéra. Cet insecte térébrant venu d'Amérique mit très fortement à
                                                  mal le vignoble bourguignon. Sa présence fut découverte et observée le
                                                  15  juin  1875  à  Mancey,  puis  à  Meursault  le  17  juillet  1878  au  lieu-dit
                                                  l'Ormeau,  enfin  le  23  juillet  1878  au  jardin  botanique  de  Dijon.  Les
                                                  contaminations dataient de 1876 pour Meursault et de 1877 pour Dijon.
                                                  Les  vignes  américaines  furent  introduites  en  fraude  à  partir  de  1885  et
                                                  officiellement à partir du 12 juillet 1887. Il  fallut  arracher  toutes les  «
                                                  vieilles  vignes  françaises   »[42]   et  replanter  les  américaines.  Après  de
                                                  longues  recherches,  on  finit  par  découvrir  que  seul  le  greffage
                          Le phylloxéra.
                                                  permettrait  à  la  vigne  de  pousser  en  présence  du  phylloxéra.  Certains
                                                  vignobles, comme la Romanée Conti, furent longtemps cultivés « franc

              de pied » c'est-à-dire sans porte-greffe : les dégâts du phylloxéra étaient alors maîtrisés par des injections de sulfure
               de carbone dans le sol [43] . Quant au mildiou, il provoqua un désastre considérable en 1910. Ces deux ravages
              viticoles eurent des conséquences sociales importantes d'autant plus que la pénurie provoqua des fraudes : les vins du
               terroir furent coupés avec ceux d'autres régions et certains négociants allèrent jusqu'à fabriquer des vins
                    [44]
             artificiels .
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             XX  siècle
             Les  viticulteurs  décidèrent  de  s'organiser  afin  de  lutter  contre  la  fraude.  Ils  créèrent  la  première  cave  coopérative  de
             Bourgogne, « la Chablisienne » qui vit le jour en 1923. Elle fut fondée par l'abbé Balitran, curé de Poinchy [45] , et par un
             noyau de vignerons pionniers [46]  en matière de coopération viticole.

              Dans  la  même  optique,  quelques  propriétaires-récoltants  de  la
              Côte-d'Or refusèrent, dès 1930, de vendre leur vin en vrac au négoce.
              Ils  créèrent  à  huit  un  consortium  pour  mettre  eux-mêmes  leurs  vins  en
              bouteilles. Présidé par le marquis d'Angerville, propriétaire à Volnay,
              ce  groupe  eut  Henri  Gouges,  de  Nuits-Saint-Georges,  comme
              secrétaire.  Il  reçurent  l'aide  de  Raymond  Baudoin,  fondateur  de  La
              Revue  du  vin  de  France  et  de  l'Académie  du  vin  de  France [47] .  Un
              dépôt  fut  créé  à  Nuits-Saint-Georges.  Si  la  première  année  ils  ne
              vendirent à eux tous que quatre cents bouteilles aux bouchons étampés
                                                                                Le château du Clos de Vougeot.
              et  estampillés,  au  bout  de  trois  ans,  la  confiance  revenue,  la  bataille  de
              l'authenticité fut gagnée. La Bourgogne avait des vignerons qui

              faisaient eux-mêmes leurs mises en bouteilles et garantissaient l'origine de leurs vins. On pouvait à nouveau
               pavoiser. Les conséquences de la crise de 1929 touchent durement l'économie viticole [48] ; ainsi la Confrérie des
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