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Vignoble de Bourgogne 2
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Le vignoble de Bourgogne est un vignoble français situé en Bourgogne sur les départements de l'Yonne, de la
Côte-d'Or et de la Saône-et-Loire. Il s’étend sur 250 km de longueur du nord de Chablis au sud du Mâconnais.
Le vignoble bourguignon comprend 84 appellations d'origine contrôlées (AOC) : 9 appellations « régionales » et «
sous-régionales », 41 appellations communales ou « villages » (avec 562 dénominations « premiers crus » sur ces
appellations « village ») et 34 appellations « grands crus ».
La superficie de vignes représente 29 500 hectares, dont 25 000 hectares en AOC. La production de cette région
viticole s'élève à 1 500 000 hectolitres de vin, pour environ 200 000 000 bouteilles commercialisées.
La région Bourgogne produit des vins rouges, à base des cépages pinot noir et gamay, et des vins blancs, à bases de
cépages chardonnay et aligoté. Il est produit plus de vins blancs que de vins rouges, soit 60,5 % de vins blancs, 31,5
% de vins rouges et rosés et 8 % de crémant.
Fruits d'une longue histoire, la Bourgogne et ses vins sont réputés dans le monde entier. Avec un vignoble fortement
morcelé et une qualité de vins assez hétérogène en fonction des appellations, des « climats » selon le terme local,
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mais aussi des domaines, des maisons de négoce et des caves coopératives , la Bourgogne n'en est pas moins
confrontée au défi de la mondialisation.
Historique
L'article « Histoire de la Bourgogne » est un complément historique et culturel à ce sujet.
Époque romaine et invasions barbares
On ne sait aujourd’hui pas précisément qui introduisit les premières
plantations de vigne en Bourgogne. Dans son Histoire de la campagne
française, Gaston Roupnel affirme que la vigne aurait été introduite en
e
Gaule au VI siècle av. J.-C. « par la Suisse et les défilés du Jura » pour
être bientôt cultivée sur les pentes des vallées de la Saône et du Rhône.
Si pour d'autres ce sont les Grecs qui sont à l'origine de la culture de la
vigne, venue du Midi, nul ne conteste l'importance qu'elle a prise très
tôt sur le sol bourguignon comme en témoignent certains reliefs du
Musée archéologique de Dijon. Les Romains entretenaient, dès le
e
II siècle avant notre ère, d'excellents rapports avec les cités gauloises
des Éduens et Lingons. Le vin produit sur les côtes tyrrhéniennes de
l’Italie centrale était exporté jusqu’à Cabillonum (Chalon-sur-Saône). Pièce de monnaie représentant l'empereur romain
Probus.
Cette cité était alors un port fluvial très important. Une drague, en
curant le lit de la rivière, a remonté 20 000 pointes d’amphores Dressel
I datées avec précision de l'an -130. Dans l’oppidum de Bibracte, capitale des Éduens, les fouilles ont démontré
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qu'une forte importation de vins provenant de Campanie, du Latium et d’Étrurie existait . Au plus tard vers 50 la
viniculture est maîtrisée sur le futur territoire bourguignon, comme en attestent les datations des bourbes du pressoir
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de la villa gallo-romaine des Tuillières à Selongey et le vignoble gallo-romain de Gevrey-Chambertin [7],[8] .
Les Romains trouvèrent des plantations lorsqu’ils occupèrent la Gaule ; les écrivains Columelle et Pline l'Ancien les
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citèrent avec éloge . Le premier cite par ailleurs le cépage vitis allobrogica, ainsi nommé car cultivé par les
Allobroges dans une région allant du Dauphiné au lac Léman. Ce cépage a été vu par l'ampélographe Louis
Levadoux comme un ancêtre de la mondeuse noire (proto-mondeuse) et de la syrah. Or, les travaux de l'équipe de
Jean-Marie Boursiquot de l'INRA de Montpellier, ont démontré que le pinot noir est « l'arrière-grand-père » de la
syrah et le « père » du chardonnay B et du gamay R. Si ces études ne permettent pas d'affirmer l'existence du pinot
dès l'époque romaine, elles permettent de prouver son antériorité sur nombre de cépages de cette région dont il est le
géniteur[10].

