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Vignoble de Bourgogne                                                                                 3


             L’édit  de  l'empereur  romain  Domitien,  en  92,  exprima  le  protectionnisme  impérial.  Il  interdisait  la  plantation  de
             nouvelles vignes hors d’Italie et fit arracher partiellement les vignes des rivages méditerranéens et en Bourgogne afin
             d’éviter la concurrence. Le vignoble résultant suffisait toutefois aux besoins locaux [11] . Probus annula cet édit en 280 [12]
             et la viticulture locale de la région se développa quand même sous l'Empire romain, la Bourgogne étant un carrefour, un
             lieu  de  transit  pour  le  commerce [13] .  En  s'adressant  à  l'Empereur  Constantin,  à  Autun,  Eumène  évoque  les  vignes
             cultivées dans la région de Beaune en les qualifiant déjà d'« admirables et anciennes  »[14].  En 312, un de ses disciples [15]
             rédigea la première description du vignoble de la Côte d'Or [16] . Les Éduens du « Pagus Arebrignus »[17] avaient profité
                                   er
             du passage de Constantin I  pour lui présenter leur hommage et lui faire part de leurs doléances :
                  « Et même ce fameux Pagus Arebrignus dont une partie se distingue par la culture de la vigne est bien loin de
                  mériter l'envie qu'on lui porte. Adossé d'un côté à des rocs et à des forêts impraticables où les bêtes sauvages
                  trouvent de sûres retraites, il domine de l'autre une basse plaine qui s'étend jusqu'à la Saône. »

             Très  tôt  se  dessina  le  choix  des  meilleurs  terroirs.  Les  patriciens  de  la  grande  ville  d'Autun  possédaient  leurs
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             vignobles  autour  de  Beaune  et  Dijon.  Grégoire  de  Tours  précise  d'ailleurs,  à  la  fin  du  VI   siècle,  que  son
             arrière-grand-père, Grégoire, l'évêque de Langres préféra séjourner près de Dijon qui disposait « vers le couchant de
                                                                           e
             coteaux très fertiles et couverts de vigne  »[18]  . Les Burgondes, arrivés au VI  siècle, redonnèrent un nouvel essor à la
             culture de la vigne. Ils éditent semble-t-il une première réglementation sur la vigne, attribuant la terre à qui plante des
             ceps sur une friche [19] . En 581, Gontran (roi des Burgondes) donna ses vignobles de Dijon au monastère de Saint-
             Bénigne et à sa congrégation de moines. Mais avec les invasions barbares, l'économie viticole de la Bourgogne périclita ;
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             quand revint la paix, au X  siècle, le royaume franc, que Charlemagne avait légué à ses héritiers, avait été morcelé et
             avait perdu toute sa splendeur d'antan [20] .

             Moyen Âge et Grandes heures des ducs de Bourgogne

             Dans le sillage du christianisme

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             Dès  le  début  du  VI   siècle,  l’implantation  du  christianisme  avait
             favorisé  l’extension  de  la  vigne  par  la  création  d’importants  domaines
             rattachés  aux  abbayes.  En  ces  temps  guerriers,  les  communautés
             religieuses  bénéficiaient  d’une  protection  qui  permettait  de  transmettre
             l’expérience de génération en génération. Deux de ces abbayes eurent
             une importance non seulement à l'échelle locale mais aussi européenne
             :  l'abbaye  de  Cluny  (fondée  en  909) [21]   pour  le  Mâconnais  et  le
             Chalonnais,  puis  l'abbaye  de  Cîteaux  (fondée  en  1098)  avec  des
             plantations  en  Côte-d'Or,  pour  le  chalonnais  et  le  chablisien.  C’est  la
             période de la naissance des clos. Le clos de Bèze fut fondé entre 630 et
             640, le clos de Vougeot en 1115 et le clos de Tart en 1141. Déjà en
             867, le chapitre cathédral de Saint-Gatien de Tours s'était vu doté par
             Charles le Chauve d'un vignoble près de Chablis [22] . À partir de 1214, les
             cisterciens  de  l’abbaye  de  Pontigny,  la  deuxième  fille  de  Cîteaux,
             s'assurèrent  d'une  vigne  de  trente-six  arpents  dans  le  vignoble  de
             Chablis  lui  fournissant  une  redevance  de  dix  muids  à  la
                      [23]
             Saint-Martin .
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              Au cours du pontificat de Clément VI (1342-1352), pour satisfaire   arrière-plan, vue des vignes dont les moines
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              celui qui fut le plus fastueux pontife d ’Avignon, les cisterciens
             bourguignons subdivisèrent le Clos-de-Vougeot en trois climats afin de
                                                                                           e
               sélectionner la « cuvée du pape  »[24]  . Cette faveur pour un vin rouge fut une nouveauté du XIV  siècle, les vins les
              plus appréciés jusqu’alors étant blancs. Le rôle joué par la Cour pontificale d’Avignon dans cette mutation de goût fut
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