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Vignoble de Bordeaux 27
quatre et neuf ans ; les bordeaux-supérieur, fronsac, canon-fronsac, lalande-de-pomerol, Francs et castillon doivent se
garder de cinq à dix ans ; les médocs de six à quinze ; les haut-médoc, listrac, moulis et graves rouges de sept à quinze
ans ; les pessac-léognan rouges, saint-émilion, saint-émilion grand cru et pomerol de six à vingt ans, tandis que les
meilleurs crus médocains (margaux, pauillac, saint-julien et surtout le saint-estèphe) doivent attendre jusqu'à une
dizaine d'années pour que les tanins s'adoucissent un peu, pouvant attendre vingt ans théoriquement sans problème,
voir plus. Les bordeaux blancs secs et moelleux se gardent moins longtemps, ils peuvent être bus dans l'année avec un
potentiel de deux à trois maximum, mis à part les graves blancs et les pessac-léognan blancs (qui peuvent patienter
jusqu'à dix ou douze ans). Enfin les liquoreux ont un potentiel de garde dépassant la décennie pour les entrées de
gamme (loupiac, cérons, cadillac, saint-croix-du-mont), les vingt ans pour les barsac et sauternes, atteignant le siècle
,
pour les meilleurs . Pour les vins de très longue garde, les bouchons, choisis particulièrement longs, doivent être
changés tous les 25 ans : ce service est assuré par les grands châteaux qui complètent en vin les bouteilles avant de les
reboucher).
Service à table
Articles connexes : Dégustation du vin et Cuisine au vin.
La production du vignoble bordelais est diversifiée, permettant
plusieurs usages voire un repas accompagné des différents types de
bordeaux (ce qui n'empêche pas la cave de la mairie de Bordeaux de
disposer de nombreux champagnes parmi ses 14 500 bouteilles). Les
conventions de service sont de servir le blanc avant le rouge, les vins
légers avant les puissants, les secs avant les sucrés, les jeunes avant les
vieux. Le vin peut être servi en mettant la bouteille sur la table, pour
profiter de l'étiquette, ou en carafe (ou un très grand verre, un pichet Deux médocs mis en carafe : Château
Lynch-Bages (AOC pauillac) et Château Léoville
voire une cruche). Le carafage est nécessaire quand il y a de la lie (ou Las Cases (AOC saint-julien).
plutôt du tartre qui a précipité) au fond de la bouteille, mais le passage
en carafe permet aussi d'adoucir l'austérité des tanins d'un vin rouge encore trop jeune en l'oxydant (il faut parfois
quelques heures), ou d'aérer un vieux vin (rouge ou blanc, mais pas trop longtemps au risque de leur faire perdre
rapidement leurs arômes).
Le crémant de Bordeaux doit être servi très frais (4 à 7 °C) et peut convenir en apéritif, sur une entrée ou un dessert.
Les blancs secs (appellations bordeaux, pessac-léognan, graves, entre-deux-mers, côtes-de-bourg,
premières-côtes-de-bordeaux, côtes-de-bordeaux-saint-macaire, sainte-foy-bordeaux, côtes-de-blaye,
graves-de-vayres et côtes-de-bordeaux) et les rosés (bordeaux rosés, bordeaux-clairet ou claret) sont à servir frais
(environ 10 °C) sans être givrés (le froid masque les arômes, ce qui peut être recherché en cas de mauvaise qualité),
en accompagnement d'une entrée, d'un poulet, d'un poisson, de fruits de mer ou d'une assiette de légumes.
Les rouges très tanniques des appellations médocaines (notamment le saint-estèphe, le pauillac, le saint-julien et le
margaux) sont de couleur rouge sombre (du grenat au noir à reflet violet) et au goût puissant quand ils sont plutôt
jeunes, de couleur rouge brique (plutôt orangé sur

