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Vignoble de Bordeaux 24
Commercialisation
La majorité de la production bordelaise est vendue au négoce
(grossistes ou grande distribution) en vrac (2 240 582 hectolitres en
2000, soit 44 % de la production du département) ou en bouteille
(1 547 424 hℓ, soit 30 %), le reste étant vendu directement par les
producteurs soit par correspondance ou à la propriété (765 231 hℓ soit
15 %), soit à l'exportation ou auprès des cavistes et restaurateurs
(526 939 hℓ, soit 10 %). Les 5,7 millions d'hectolitres de vin vendus en Le Château Cheval Blanc, saint-émilion premier
grand cru classé A.
2007 représentent un chiffre d'affaires global estimé à 3,4 milliards
d'euros. Une partie de la vinification et de la commercialisation est réalisée par des caves coopératives, tels que les
Caves de Rauzan ou l'Union de producteurs de Saint-Émilion. Chaque adhérent détient une partie du capital en
fonction de son niveau d'activités ; son engagement d'apport est lié à la taille de son exploitation et sa rémunération
est fonction de la qualité du raisin apporté au moment des vendanges. Chaque adhèrent est ainsi à la fois actionnaire
et fournisseur de la cave.
Pour les crus les plus chers (environ 300 vins différents, soit 3 % du volume produit dans le département), les
producteurs les proposent à la vente « en primeur » au printemps suivant la vendange, pour livraison en bouteille
seulement une année et demi voir deux ans plus tard. Ce sont surtout les étrangers qui achètent en primeur (à près de
80 %), avec pour certains la volonté de spéculer sur les prix, d'où le développement de marchés boursiers spécialisés
dans le vin, tel que la London International Vintners Exchange (ou Liv-ex).
Article connexe: Classement Liv-ex des vins de Bordeaux.
Toujours dans les grands crus, la partie de moindre qualité de la production est
souvent proposée à la vente comme « second vin (en) », sous un nom légèrement
différent par rapport au produit-phare mais avec un prix moins élevé. Les plus
prestigieux sont : Carruades de Lafite (Château Lafite Rothschild), Forts de
Latour (Château Latour), Petit Mouton (Château Mouton Rothschild), Pavillon
Rouge (Château Margaux), Clarence de Haut-Brion (Château Haut-Brion), Alter
Ego de Palmer (Château Palmer), La Chapelle de la Mission Haut-Brion
(Château la Mission Haut-Brion), Pagodes de Cos (Château Cos d'Estournel),
Clos du Marquis (Château Léoville Las Cases), Réserve de la Comtesse (Château
Pichon Longueville Comtesse de Lalande), La Croix de Beaucaillou (Château
Ducru-Beaucaillou), Clementin du Pape Clément (Château Pape Clément), etc.
Un autre type de produit est le « vin de garage » (ou vin des « micro-châteaux »,
des « mini-cuvées »), qui s'illustre par de petites surfaces de production, des soins
constants de la vigne, une vendange très mûre, des rendements très faibles, une
recherche de la concentration lors de la vinification, un passage en fût neuf
systématique, par la grande rareté du produit et donc son prix très élevé. Cette Le Château Lascombes (appellation
production est apparue au début des années 1990 dans l'appellation saint-émilion margaux) et son second vin, le
Chevalier de Lascombes.
grand cru (Valandraud (en), La Mondotte (en), Le Tertre Rotebœuf, Gracia (en),
etc.), puis s'est développée dans les graves (Liber Pater), à pessac-léognan
(Branon) et à margaux (Marojallia (en)).
Les regroupements d'appellation, tel que les côtes-de-bordeaux ou les Sweet Bordeaux sont destinés à favoriser la
promotion et la vente de ces vins. La partie de la production ne trouvant pas d'acquéreur les années de surproduction
peut être transformé en un autre produit, par distillation (l'éthanol est utilisé comme carburant : 185 000 hectolitres
ont été utilisés comme vin de chaudière en 2005, 368 000 hℓ en 2006) ou par assemblage pour faire un apéritif (le

