Page 19 - vindefrance
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Vignoble de Bordeaux 5
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CIVB) , chargé de la promotion collective, de l'assistance technique, de l'encadrement des contrats et du contrôle.
Les appellations bordelaises sont, par ordre chronologique de création : le barsac, le loupiac, le côtes-de-blaye, le
cérons, le bourg, le côtes-de-bourg, le bourgeais, le sainte-croix-du-mont (décrets du 11 septembre 1936), le
sauternes (décret du 30 septembre 1936), le montagne-saint-émilion, le haut-médoc, le parsac-saint-émilion (disparu,
annexée par l'AOC montagne-saint-émilion), le médoc, le saint-georges-saint-émilion, le saint-estèphe, le
saint-julien, le pauillac, le puisseguin-saint-émilion, le lussac-saint-émilion, le saint-émilion, le bordeaux (14
novembre 1936), le pomerol, le lalande-de-pomerol, le néac (disparu, fondue dans le lalande-de-pomerol) (8
décembre 1936), le sables-saint-émilion (annexé par le saint-émilion), le fronsac, le graves, le graves-supérieures (4
mars 1937), le côtes-de-bordeaux-saint-macaire, le graves-de-vayres, le sainte-foy-bordeaux, l'entre-deux-mers (31
er
juillet 1937), le moulis-en-médoc (14 mai 1938), le canon-fronsac (1 juillet 1939), le bordeaux mousseux (16 mars
1943 ; devenu le crémant de Bordeaux), le bordeaux-supérieur (14 octobre 1943), le côtes-de-fronsac (annexé par le
fronsac), le côtes-canon-fronsac (5 janvier 1944 ; fondu dans le canon-fronsac), le premières-côtes-de-bordeaux (8
février 1945), le margaux (10 août 1954), le saint-émilion grand cru (7 octobre 1954), le
bordeaux-aux-côtes-de-castillon (15 juillet 1955 ; fusionné dans le côtes-de-bordeaux), le bordeaux-clairet (21
janvier 1956 ; devenue une dénomination de l'appellation bordeaux), le listrac-médoc (8 mai 1957), le
bordeaux-côtes-de-francs (26 mai 1967 ; fusionné dans le côtes-de-bordeaux), le cadillac (10 août 1973), le
pessac-léognan (9 septembre 1987), le crémant de Bordeaux (3 avril 1990) et le côtes-de-bordeaux (29 octobre
2009).
À la fin des années 1940, le russe blanc Alexis Lichine (en), propriétaire du château Prieuré-Cantenac et du château
Lascombes, amorce la relance des exportations des vins bordelais vers les États-Unis que la prohibition et la Seconde
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Guerre mondiale avaient fortement réduit . Parmi les propriétaires de grands domaines, aux descendants
aristocrates (Lur-Saluces à Fargues) et aux chartrons (Barton à Léoville Barton et Langoa Barton ; Cruse à
Pontet-Canet ; Rothschild à Lafite, Mouton, Rieussec et L'Évangile ; Schÿler à Kirwan ; etc.) se sont joint des
négociants d'autres régions (Moueix à Pétrus, Trotanoy et Hosanna ; Cazes à Lynch-Bages et aux Ormes de Pez,
etc.), des grands patrons (Halabi à Cantenac Brown ; Pinault à Latour ; Albada-Jelgersma à Giscours et au Tertre ;
Mentzelopoulos à Margaux ; Peugeot à Guiraud ; etc.), des firmes trans-nationales (LVMH à Cheval Blanc ;
Dassault à Dassault ; Suntory à Lagrange ; AXA à Suduiraut ; Castel à Beychevelle ; etc.), des Belges (37 propriétés
en 2012, en faisant les premiers investisseurs étrangers dans le vignoble bordelais, avec par exemple Thienpont au
château Le Pin, Albert Frère à Cheval Blanc et Bonnie à Malartic-Lagravière), ainsi que quelques Chinois à partir de
la fin des années 2000.
Depuis 1981 se tient chaque année impaire le salon Vinexpo Bordeaux (réservé aux professionnels) et depuis 1998
chaque année paire la Fête du vin. Le vignoble croit pendant les années 1990, passant d'environ 100 000 hectares en
1992 à 125 000 en 2000. Si les prix des vins classés du Médoc, de Saint-Émilion et de Pomerol connaissent des
hausses presque continues depuis plusieurs décennies, dopés par les exportations vers la Chine populaire, au point
que ces vins sont devenus des placements spéculatifs avec cotation en bourse, la foule des petits producteurs qui
forment le gros de la production bordelaise est en crise (notamment depuis la récolte 2004). Les exportations en
volume sont à la baisse faisant chuter le prix du vin en vrac à seulement 100 € l'hectolitre (soit un euro le litre de
vin), d'où des manifestations de viticulteurs, des plans d'arrachages subventionnés, la distillation d'une partie des
surplus et la création en 2007 d'un « vin de pays d'Aquitaine », devenu en 2009 l'IGP atlantique (moins contraignant
notamment en termes de rendements).

