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Vignoble du Languedoc-Roussillon
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les années 1980, un regain de popularité auprès des consommateurs.
Histoire
Préhistoire et Antiquité
C'est sur le site préhistorique de la caune de l'Arago, qui se trouve à
Tautavel qu'ont été retrouvés des restes humains et des vestiges
lithiques du Paléolithique inférieur. Le dépôt épais d'une dizaine de
mètres, couvre la majeure partie du Pléistocène moyen et a fait l'objet
de nombreuses tentatives de datations radiométriques parfois
contradictoires. Des âges limites d’environ 700 et 350 000 ans ont été
obtenus par la datation à l'uranium-thorium [4],[5],[6] .
Article détaillé : Homme de Tautavel.
Entre -10000 et -3500 ans avant notre ère, les vestiges laissés par une
communauté implantée sur du site actuel de Port-Leucate sont les
témoins de la « révolution néolithique ». Connaissant l'agriculture et
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pratiquant l'élevage, elle utilisait aussi la poterie . Toute proche, au
lieu-dit Pla-de-Fitou, une nécropole de l'âge du bronze a été mise à
jour, preuve d'une implantation humaine pérenne sur le rivage
L'homme de Tautavel
méditerranéen.
(Homo erectus tautavelensis)
Textes et fouilles archéologiques ont confirmé qu'à l'ouest du Rhône,
avant que ne soit fondée la Narbonnaise une viticulture s'était
développée. Les vignes y étaient alors conduites en gobelets, mode cité par Columelle, tout comme dans les Pouilles,
[8]
région sous influence grecque . Pline le confirme quand il explique : « Dans quelques contrées, la vigne, peu riche en
branches, et grosse parce qu'elle est courte, se soutient sans appui. Les vents s'y opposent dans quelques localités : en
[9]
Afrique, par exemple, et dans quelques cantons de la Narbonnaise ». Mais la colonisation romaine y imposa
rapidement la « méthode étrusque » et la vigne fut conduite et taillée de façon arbustive, en treille, en pergola et, bien
sûr, en ayant des arbres comme point d'ancrage [10] . Désormais, aux côtés des rumpotins [11],[12] , il y eut aussi des vignes
ne dépassant pas la hauteur d'un homme, qui, appuyées sur des échalas, formaient des treilles. Et celles qui s'obstinaient
à ramper furent conduites de manière à répandre « leur feuillage touffu assez au loin pour ombrager des cours entières ».
Moyen Âge
Lors des grandes invasions, les vignobles, furent quasiment délaissés et le vin produit à partir des treilles du jardin ou
de l'enclos [13] . Et à partir de l'an 900, le Cartulaire du chapitre cathédral de Nîmes, fait nettement la différence entre les
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vignes basses et les vignes hautes [14] . Le vignoble de plaine va perdurer jusqu'au début du XIV siècle où la nécessité
d'emblaver les terres riches, propices à l'abondance, repoussa la vigne vers les coteaux plus chiches mais plus
[15]
qualitatifs .
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À la fin du XIII siècle, les vins du Languedoc commencèrent à être exportés tant par le port de
Villeneuve-lès-Maguelonne, que par celui Saint-Gilles et celui d'Aigues-Mortes[16].

