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Vignoble d'Alsace 3
Bouteille de blanc Vignoble de Reichenweier au . Vignoble de Dambach au .
datant de 1472,
conservée aux
hospices de
Strasbourg.
Période contemporaine
À la suite de la défaite française lors de la Guerre de 1870, la
République française cède une partie de son territoire à l'Empire
allemand, ce qui fait que de 1871 à 1918 l'Alsace fait partie de l'Empire
allemand avec la Moselle sous le nom de Reichsland
Elsass-Lothringen. Pendant cette période, le volume de production est
privilégié au détriment de la qualité. De plus, avec les ravages causés
par le phylloxéra et le mildiou, le développement des transports
ferroviaires bon marché et de la consommation croissante de bière, le
Étiquette alsacienne, millésime 1884.
vignoble se rétrécit à une superficie de 9 500 hectares, dont 7 500 dans
l'actuelle appellation alsace.
En novembre 1918, l'Alsace est occupée par l'Armée française, puis
cédée à la France par le traité de Versailles le 28 juin 1919. En raison
du maintien du droit local (correspondant aux lois françaises
antérieures à 1870 et aux lois allemandes de 1871 à 1918), l'Alsace a
un statut à part au sein des vignobles français, car la loi allemande du 7
avril 1909 sur les vins y est appliquée jusqu'à la fin de la Seconde
Guerre mondiale. La situation évolue par l'ordonnance du 2 novembre
1945, qui définit une appellation d'origine « vins d'Alsace » ou « alsace
», encadrée tardivement comme appellation d'origine contrôlée par un
décret du 3 octobre 1962 [11] , après négociation avec le comité
interprofessionnel du vin d'Alsace (CIVA), créé pour l'occasion (décret
du 22 avril 1963). Le décret du 30 juin 1971 fait apparaître les AOC de
vins de cépage. S'y sont rajoutées les appellations alsace grand cru
(décret du 20 novembre 1975 [12] ) et crémant d'Alsace (décret du 24
[13]
août 1976 ). « Le vin de la revanche », une du Petit Journal du
14 septembre 1919.
Les efforts sont depuis plutôt orientés vers la production de vins de
meilleure qualité, la communication commençant à insister sur la notion de terroir. Allant dans ce sens, le décret de
2011 prévoit onze dénominations géographiques au sein de l'appellation alsace, tandis que les 51 dénominations
géographiques de l'appellation alsace grand cru deviennent autant d'appellations partageant le même cahier des
charges.

