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Vignoble de la vallée du Rhône 3
• d'une part la vallée du Rhône septentrionale, de Vienne jusqu'à Valence (appellations côte-rôtie, condrieu,
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saint-joseph, crozes-hermitage , etc.) ;
• d'autre part la vallée du Rhône méridionale, de Montélimar à Avignon (appellations grignan-les-adhémar,
châteauneuf-du-pape, Gigondas, muscat de Beaumes-de-Venise, vacqueyras, etc.)
S'y rajoutent les vallées des affluents du Rhône, d'abord celle de la Drôme qui forme le Diois (appellations clairette
de Die, crémant de Die, coteaux-de-die et châtillon-en-diois), ensuite celle du Calavon (appellation ventoux), la rive
droite de la Basse-Durance (appellation luberon) et enfin une partie du Gard (appellations costières-de-nîmes et
clairette de Bellegarde).
Historique
Antiquité
Par vocation la vallée du Rhône a toujours été un passage privilégié entre le monde méditerranéen et l'Europe
septentrionale ou atlantique. Dès l'Antiquité, les Grecs s'infiltrent au cœur de la Gaule où ils pratiquent des échanges
commerciaux. La culture de la vigne et du vin se poursuit avec l'arrivée des Romains en 125 avant notre ère.
er
Dès le I siècle, la concurrence entre les vignes reprend entre l'Italie et la Gaule narbonnaise. C'est dans ce contexte
qu'il convient de dater la construction de la villa gallo-romaine du Mollard, à Donzère et les ateliers d'amphores de la
région.
La plus importante unité viti-vinicole de l'antiquité, la villa du Mollard
a été mise à jour au sud de Donzère. Elle s’étendait sur deux hectares.
L’entrepôt des vins de 70 x 15 m contenait deux travées abritant 204
dolia disposés en six alignements ayant chacune une contenance de 1,2
2
hectolitre. À chaque extrémité, un grand fouloir de 18,5 m , y étaient
[5]
adjoints deux pressoirs .
L’exploitation, qui a été datée entre 50 et 80 de notre ère, produisait 2
Villa gallo-romaine du Molard avec son cellier
contenant 204 dolia, 2 fouloirs et 4 pressoirs 500 hectolitres de vin par an. Le rendement des vignes romaines ayant
été estimé à 12 hl/ha, le domaine possédait 300 hectares ce qui nécessitait
le travail de 150 esclaves. Tout ou partie de sa production était
expédiée par le Rhône en tonneaux, à l’exemple de la scène
représentée sur la stèle de Saint-Pierre-ès-Liens de Colonzelle
er
(I siècle) toute proche. Située sur le porche d’un prieuré clunisien, elle
représente le levage de quatre tonneaux et leur embarquement sur un
navire marchand.
Ces amphores fabriquées sur place, servaient au transport des vins et
des sauces de poisson. Ces découvertes archéologiques, alliées à une
Les quatre tonneaux de étude historique déjà ancienne, permettent de situer l'origine des Côtes
Saint-Pierre-de-Colonzelle
du Rhône comme antérieure à bien d'autres régions viticoles françaises.
Les Romains créent la ville de Vienne, puis le vignoble de Vienne dont
la renommée est grande. Ils mettent en valeur la campagne viennoise avec d'immenses travaux de défonçage, de plantation
de la vigne et de construction de murettes protégeant les terrasses. Les coteaux très accidentés de la rive droite
séduisent les Romains - de la Côte Rôtie à Saint-Joseph - et s'annexent plus tard ceux de la rive gauche - Hermitage - Ils
font de cette région une des plus belles de la Gaule narbonnaise. Dès le premier siècle ils ont donné l'impulsion d'un
vignoble commercial.

